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Benjamin Epps et le Chroniqueur Sale dans Fantôme avec chauffeur, ou comment ressusciter Notorious B.I.G. de force

écrit par Aurel Beaumann le mercredi 26 mai 2021

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Benjamin Epps et le Chroniqueur Sale dans Fantôme avec chauffeur, ou comment ressusciter Notorious B.I.G. de force


Aujourd’hui, on parle du dernier single de Black M intitulé « A la tienne ». Non je plaisante, aujourd’hui on parle de rap (et comme Black M le dit lui-même « mon ami si je te parle à chaud je risque de dire des folies ») : Benjamin Epps et le Chroniqueur Sale sur l’album Fantôme avec chauffeur.

 

Dès les premières secondes de l’album, on se retrouve dans un vieux bar poussiéreux de New York où un MC pose tranquillement son flow sur du jazz. Vous savez, ce genre de groupe de jazz complètement bancal – un piano pas accordé, un saxophoniste asthmatique – mais qui arrive à faire des merveilles.

Les prods du Chroniqueur Sale et le flow de Benjamin Epps sentent bon les années 90. D’excellentes prods entre jazz et bon vieux boom bap, un flow sans fioriture qui découpe l’instru, franchement en 2021 ça fait du bien. J’ai beau adorer le rap moderne, réussir à remettre au goût du jour un style dont l’âge d’or était il y a trente ans, c’est étrangement rafraîchissant.

Avec un flow à l’américaine, un style qui ne manque pas de rappeler l’ami Biggie Smalls, il pose le décor directement avec le premier morceau, Notorious. Inutile de vous dire que le rapprochement entre les deux rappeurs est assez évident. Il faut quand même une sacrée dose de confiance en soi pour se poser en successeur d’un des plus grands rappeurs de l’Histoire dès le titre du premier morceau.


 
 

« Booba a sorti le dernier album, c’est bon maintenant je peux prendre le trône », c’est la première punchline de l’album et c’est le genre d’insolence décontractée qui plane sur chaque morceau. Il faut dire qu’il dresse ses deux majeurs au visage des rappeurs modernes en affichant davantage une identité de mec travailleur tirant à vue sur le rap français, que celle d’un flambeur. Sur la pochette de l’album, on croirait plutôt voir Vincent Vega et Jules Winnfield en galère pour nettoyer la cervelle de Marvin que Tony Montana le nez plein de poudre.

En fait, cet album, et même tout ce que fait Benjamin Epps, c’est une sorte de traité sur le rap : ce style straight outta New York épuré aux punchlines cinglantes délivrées tout en simplicité défend l’egotrip comme une vision à part entière du rap. Le rappeur est en pleine ascension, et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Lui, ce qu’il veut ce n’est pas être en tendance sur YouTube, mais être le boss du rap français. Il ne veut pas braquer la banque, mais en devenir propriétaire, ce qui est bien plus ambitieux que ce à quoi nous ont habitués la plupart des rappeurs actuels.

Pour terminer, il faut parler d’un morceau de cet album en particulier : Dieu bénisse les enfants. Déjà, sortir et assumer une prod aussi simple que celle-ci en 2021, probablement un sample d’un vieux film bien franchouillard, c’est un exploit. Parce qu’il montre ici qu’il n’est pas qu’un rappeur old school en colère. Il faut être sûr de soi pour s’attaquer à ce genre de morceau, car soit on s’inscrit dans la légende comme Petit Frère d’IAM soit on tombe dans l’oubli, voire pire, dans la médiocrité. Lui, il choisit la légende.

« J’suis pas un phénomène de mode, je suis un phénomène ». Chapeau, Benjamin Epps.
 


 

 
 
 

 

 

écrit le mercredi 26 mai 2021 par

Aurel Beaumann

Rédacteur pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

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