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Doom Crew Inc. De Black Label Society : Mister Wylde consulte de nouveau

écrit par Corentin Maratrat le jeudi 13 janvier 2022

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Doom Crew Inc. De Black Label Society : Mister Wylde consulte de nouveau

 

Trois ans après l’excellent Grimmest Hits le Black Label Society a signé en novembre son retour sur les ondes. Cloîtré dans l’antre du Black Vatican (studio personnel de Zakk Wylde), le quatuor offre aux Berserkers Doom Crew Inc., un onzième album à la double personnalité, aux allures de Docteur Jekyll et son double maléfique. 

Doom Crew Inc. De Black Label Society : Mister Wylde consulte de nouveau

Confortablement assis à la table des guitaristes les plus influents de la planète, c’est depuis un siège bien brodé à son nom que Zakk Wylde donne toujours la bonne mélodie. Distributeur de riffs mémorables, le leader du BLS tient sa réputation d’un parcours riche en expériences. Après avoir écumé les salles de son New Jersey natal, ce fan de Black Sabbath est vite repéré et explore d’abord le heavy metal au crépuscule des années 80 aux côtés… d’Ozzy Osbourne. Comme quoi le hasard fait parfois bien les choses. Quelques années aux côtés du Madman (pour qui il signera notamment les parties de guitare de No More Tears), pour ensuite tâter le rock sudiste de ses inspirations du Bayou avec Pride And Glory, avant de lancer en 1998 le groupe Hell’s Kitchen, renommé  Black Label Society. 

23 ans après, la quête du riff efficace et du solo chirurgical flotte dans le ciel comme l’éternel étendard du groupe, Doom Crew Inc. le confirme un peu plus. Basé sur les mêmes fondations que Grimmest Hits avec Dario Lorina en second guitariste, John DeServio à la basse, et Jeff Fabb derrière les fûts, cet onzième album lance les hostilités sur la douce introduction de Set You Free avant… un gros riff poncé au micro actif. Tel Tim Duncan sur les courts, Zakk Wylde sait user de ses talents, s’accordant quelques excentricités sans oublier ses fondamentaux : de la puissance, une rythmique calée au millimètre puis un solo sans fioriture, résultat d’un duel sonore entre Wylde et Lorina, que l’on retrouvera tout au long du disque. 

Dans Destroy and Conquer, End Of Days, ou Gospel Of Lies, le quatuor met de côté la démonstration pour privilégier l’efficacité avec des mélodies précises, sur lesquels s’ajoutent du solo supersonique. Une recette sur laquelle Wylde se base depuis toujours pour composer, comme expliqué lors d’un entretien accordé à Loudwire en novembre : « J’imagine que j’ai 60 crayons pour travailler, on m’en laisse quatre et j’essaie de voir ce que je peux faire avec. […] ». Coup de cœur personnel, le virulent Forsaken complète parfaitement le récital du groupe sur une batterie frappée au marteau et du riff massif en Drop B. N’ayant plus rien à prouver, le groupe complète sa discographie sur des fondations solides, sans toutefois rester dans la puissance à outrance.

 

Du chahut au calme, il n’y a qu’un pas

 

Conscient de rappeler sa signature sonore à chacun de ses solos, Zakk Wylde sait aussi mettre de côté l’obscurité de ses structures pour laisser place à l’apaisement. Une facette loin d’être nouvelle, puisque inscrite dans son ADN : toute l’aventure du Black Label Society a aussi été fondée sur des ballades aux refrains fédérateurs, de Just Killing Time à The Blessed Hellride, jusqu’à l’album Hangover Music Vol.VI de 2004 consacrant une place plus conséquente au côté fleur bleu de Wylde. Preuve de cette double personnalité, un entretien consacré à Rolling Stone Magazine dans lequel le musicien présente Spoke In a Wheel (ballade acoustique plus proche de Babe I’m Gonna Leave You que de Crazy Train) comme le premier morceau qu’il a composé pour le BLS.  

Ainsi, le groupe met en perspective la deuxième partie du disque grâce au piano et aux chœurs de Forever And A Day, puis par une version renouvelée de Love Reign Down sortie sur Stronger Than Death en 2000.  À l’extrémité d’une première version toute en brutalité au chant criard et désinvolte, le morceau version 2021 laisse place à l’émotion sur un mix piano/orgue, agrémenté de quelques parenthèses à la six cordes à imaginer comme une suite idéale du solo d’In This River. En bons showmen, le quatuor clôture l’aventure sur Farewell Ballad qui n’est pas sans rappeler aux plus fidèles fans du BLS un vague souvenir, puisque dans les tiroirs de Wylde depuis des années. Seule trace de ce morceau ? Une démo pour Guitarist Magazine en 2006, dans laquelle la mythique Bullseye s’offre corps et âme, dans une envolée sonore qui dépasse les mots et les expressions. 15 ans plus tard, le morceau offre sa version ultime comme la dernière fleur d’un bouquet dont on connaît l’odeur, mais dont on ne se lasse jamais. 

Ça ne fait de doute à personne : ce dernier album est un condensé global du Black Label Society, du fond à la forme. Tantôt puits sans fond de puissance, tantôt invitation aux émotions profondes, Doom Crew Inc. est une valeur sûre basée sur une recette connue, qui répondra aussi bien aux auditeurs en recherche de fougue sonore que d’envolées saisissantes.

écrit le jeudi 13 janvier 2022 par

Corentin Maratrat

Rédacteur pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

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mis à jour le lundi 17 janvier 2022

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