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Hiroshi Sato, le mélodiste aux doigts bénis

écrit par Hugues Ranjard le mercredi 28 juillet 2021

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Hiroshi Sato, le mélodiste aux doigts bénis

 

Après trois jours consacrés à Haruomi Hosono, on part aujourd’hui à la découverte d’Hiroshi Sato, un autre pionnier de la musique japonaise ! Le Wikipédia japonais le nomme : “le plus grand pianiste japonais”. Il était un important claviériste de studio, compositeur, arrangeur, producteur et ingénieur son. Hiroshi Sato devait à la base être le claviériste de Yellow Magic Orchestra, à la place de Ryuichi Sakamoto, avant de finalement refuser. Il a sorti certains des plus beaux albums japonais dont le désormais classique (dû à sa réédition vinyle lui permettant une reconnaissance unanime en Occident) Orient sorti en 1979. Orient n’est pas sa seule pépite, loin de là. Hiroshi Sato meurt en 2012 à 65 ans alors qu’il était en train d’enregistrer dans son studio à Yokohama…  

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Hiroshi Sato, Super Market, 1976, Wave Concept, disponible sur les plateformes de streaming


 

Le premier album d’Hiroshi Sato réunit déjà tout ce qui va faire son nom, de la funk, de la fusion, de la soul, sa voix unique et des synthés reconnaissables à 10000 km ...

 


Hiroshi Sato, Time, 1977, Wave Concept, disponible sur les plateformes de streaming

 

Time, le 2ᵉ album studio d’Hiroshi Sato est parfait pour marcher sous la pluie Tokyoïte, celle de Paris marche également très bien … Du moins, c’est comme ça que je le ressens. L’album allie le jazz, l'électronique, le soft rock et le blues. La pâte du claviériste japonais est tout de suite détectable, un très grand album. 

 

Hiroshi Sato, Orient, 1979, Kitty Records

 

Fini les plaisanteries. Orient est probablement l’album le plus impressionnant, le plus culte et rare de la discographie d'Hiroshi Sato. Il mélange de la synth pop à de l’exotica tropical. La pochette de l’album en dit long sur son contenu. Préparez-vous, des synthés de l’espace vont envahir vos oreilles. En plus des synthétiseurs, c’est Hiroshi Sato qui s’occupe en personne des batteries, du kalimba, de l’écriture et de la production. Un album totalement avant-gardiste qui en a influencé plus d’un. La première édition du vinyle coûte une fortune. Le label We Want Sound a eu la bonne idée de le rééditer, ce qui lui a permis de prendre une nouvelle envergure. Pour compléter le tout et sans grande surprise, c’est évidemment Haruomi Hosono qui se cache derrière les lignes de basses. Shigeru Suzuki est lui derrière les guitares. Si vous avez visionné notre interview avec Feu ! Chatterton, vous avez dû nous entendre parler de ce disque ! Un chef-d’œuvre. 

 

Hiroshi Sato featuring Wendy Matthews, Awakening, 1982, Alfa, disponible sur les plateformes de streaming

 

Hiroshi Sato est aussi un crooner… Qui chante cette fois en anglais ! Fortement attiré par les États-Unis et après avoir vécu à Los Angeles, il revient au Japon et enregistre Awakening. Désormais signé chez Alfa, Hiroshi Sato bassine le label pour qu’on lui achète la boîte à rythme Linn- LM1 qu’il utilise énormément pour l’enregistrement de l’album. Un bon achat à en écouter le résultat des percussions exclusivement programmées par lui-même. L’album met en vedette la chanteuse Wendy Matthews qu’il a rencontrée à L.A. On sent bien le début des 80’s dans cet album essentiel à sa discographie. À noter la délicieuse cover de From Me To You des Beatles. 

 



Hiroshi Sato, Masataka Matsutoya, Akira Inoue - Seaside Lovers, Memories in the Beach House, 1983, CBS/SONY, disponible (en partie) sur les plateformes de streaming

 

Avec ce disque, on vous emmène à la plage pour siroter un bon cocktail. Seaside Lovers est projet commun avec Masataka Matsutoya, un autre monstre des claviers japonais (membre de Tin Pan Alley) et Akira Inoue. Mention spéciale pour les morceaux Sun Bathing et Evening Shadows. 

Hiroshi Sato continue évidemment son expérimentation musicale dans les années 80 et sort de nombreux albums moins essentiels que ses précédents à mon goût. Il ne chante désormais quasiment qu’en anglais. L’album Sailing Blaster a tout de même sa place ici. 

 

Hiroshi Sato, Sailing Blaster, 1984, Alfa, disponible sur les plateformes de streaming

 

On se retrouve demain pour vous parler d'une autre pépite japonaise, Chu Kosaka ! 

écrit le mercredi 28 juillet 2021 par

Hugues Ranjard

Rédacteur en chef et Community Manager pour Janis

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mis à jour le vendredi 22 octobre 2021

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