Culte

The Background Man : Willie Dixon

écrit par Florian Masut le mardi 16 février 2021

Janis > Culte > The Background Man : Willie Dixon >

The Background Man : Willie Dixon

 

Vous ne connaissez peut-être pas le nom de William James « Willie » Dixon. Et pourtant, ce musicien appartient à ces figures légendaires du blues et du rock’n’roll. De Chuck Berry jusqu’à Muddy Waters, Willie Dixon a collaboré avec plusieurs des plus grands artistes du siècle dernier. Voici un bref aperçu de sa carrière et de certaines de ses plus célèbres compositions.

 



Willie Dixon naît le 1er juillet 1915 à Vicksburg, au Mississippi, dans une fratrie de quatorze enfants. C’est dans le Delta du Mississippi que cet Africain-Américain se familiarise avec le blues et la musique religieuse. En 1936, il se déplace vers Chicago, non pas en suivant la route du blues, mais afin de devenir boxer professionnel. Et, du haut de ses presque deux mètres et de ses 113 kg, il parvient à se faire un nom dans ce milieu sportif. Malheureusement pour lui (et heureusement pour nous), un conflit avec son manager lui fait abandonner cette voie et le redirige vers une autre de ses passions : la musique. Il faut néanmoins attendre la fin de la Seconde Guerre Mondiale, durant laquelle Willie Dixon est emprisonné pour l’odieux crime de refus de prendre les armes.

C’est donc en 1945 que Willie Dixon fonde son premier groupe, The Big Three. Loin d’être une formation particulièrement populaire, elle permet cependant à notre bluesman de se produire dans moult bars de Chicago, et ainsi d’attirer l’attention de Leonard et Phil Chess. Ces deux immigrés Polonais fondent, en 1950, le label Chess Records, qui deviendra rapidement l’une des institutions les plus importantes du blues. Et Willie Dixon va l’élever vers ces sommets en combinant les rôles de musicien, compositeur, arrangeur, technicien et découvreur de talent. Attardons-nous sur quelques-uns de ses plus grands succès qui ont façonné l’histoire du blues.

 
I Just Want To Make Love To You

 

 

 

Durant la décennie 1950, Willie Dixon compose et joue de sa contrebasse pour le Muddy Waters Band. Lors de cette période, ce dernier va enregistrer certains de ses plus grands hits avec des artistes tels que Jimmy Rodgers, Otis Spann, Little Walter… Les compositions de Dixon apportent plusieurs grands succès commerciaux au guitariste : Hoochie Coochie Man, I’m Ready ou encore I Just Want To Make Love To You. Ce dernier morceau va d’ailleurs être réinterprété par bon nombre de musiciens : Etta James (1961), Chuck Berry (1963), Alex Harvey & His Soul Band (1964), The Rolling Stones (1964), Foghat (1972)…


Spoonful

 


Parmi les artistes à succès de Chess Records pour lesquelles Dixon a travaillé, se trouve notamment Howlin’ Wolf. Tout comme pour Muddy Waters, Dixon émerge de sa créativité fertile plusieurs morceaux qui se propulseront au stade de classiques du blues et du répertoire de Howlin’ Wolf : Back Door Man, I Ain’t Superstitious, The Red Rooster, Spoonful ainsi que Wang Dang Doodle. Les origines de Spoonful proviennent d’un morceau enregistré par Charley Patton et ce morceau va être repris par de nombreux groupes de blues-rock : Cream (1966), Paul Butterfield Blues Band (1966), Ten Years After (1967), Canned Heat (1970), Gov’t Mule (2000)… 

 

You Need Love


 


Enregistré par Earl Hooker et Muddy Waters dans le courant des années 1960, You Need Love n’est sans doute pas le titre le plus célèbre composé de la main de Willie Dixon. Néanmoins, il va tout de même influencer des artistes qui n’hésiteront pas à reprendre cet air, tels que The Small Faces (1966) et Led Zeppelin (1969).

 

Pretty Thing

 


Au cours de sa carrière, Willie Dixon n’a pas seulement travaillé avec les grands représentants du blues de Chicago, puisque nous le retrouvons aux côtés des pères fondateurs du rock’n’roll. Dans le courant des années 1950/1960, il participe au succès de Bo Diddley avec Pretty Thing et You Can’t Judge A Book By The Cover. Avec Pretty Thing, Willie Dixon offre au guitariste l’une de ses rares places dans les charts britanniques. Ce morceau donnera le nom au groupe The Pretty Things, qui en fera une cover en 1965, mais sera aussi récupéré par The Animals (1963) et John Hammond & The Nighthawks (1979).

 

Bring It On Home


 

Outre Howlin’ Wolf et Muddy Waters, Sonny Boy Williamson II fait également partie des musiciens ayant profité des talents de Willie Dixon. Cet artiste enregistra de nombreux morceaux pour Checker Records, un sous-label de Chess Records qui produit notamment Bo Diddley, Dale Hawkins ou encore Little Walter. Dixon lui écrit notamment deux morceaux qui déteindront sur les jeunes avides de blues : Help Me et Bring It On Home. Ces deux derniers seront réinterprétés notamment par Led Zeppelin et Ten Years After.

Voici qui clôture cette brève introduction au génie de Willie Dixon. La carrière de cet artiste ne se limite évidemment pas à ces quelques titres, puisque ses collaborations en tant qu’interprète et compositeur sont multiples. Au cours de sa carrière, il a travaillé et collaboré avec, entre-autres, Chuck Berry, Buddy Guy, Dale Hawkins, Elmore James, Otis Rush, Memphis Slim et Little Walter. Ses morceaux ont intimement touché l’histoire du blues et du rock. Dans les années 1950/1960, bon nombre de groupes, dont la musique était teintée de blues, ont repris à leurs sauces les compositions de Willie Dixon, de Eric Clapton jusqu’à Link Wray, en passant par The Doors, Grateful Dead, Greta Van Fleet, Jimi Hendrix, John Mayall, Steppenwolf et The Yardbirds.









 

écrit le mardi 16 février 2021 par

Florian Masut

Rédacteur pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

Voir d'autres articles

mis à jour le vendredi 22 octobre 2021

Encore curieux ?