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Lana Del Rey, l'héritière des 60's

écrit par Victor Bouteiller le mercredi 16 juin 2021

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Lana Del Rey, l'héritière des 60's
 

Lana Del Rey, de son vrai nom Elizabeth Woolridge Grant, est devenue en l'espace de 10 ans, et 7 albums studio, une icône pop incontournable. Avec son style débridé et ses multiples facettes, la petite Elizabeth est loin de véhiculer l'image positive de ses comparses telles que Taylor Swift, Ariana Grande, Lady Gaga ou Katy Perry. Lana Del Rey a toujours cultivé une image ambivalente, provocante, ambiguë et parfois violente. Là où ses amies pop stars semblent rafler toutes les récompenses à elles quatre, Lana est largement boudée par les remises de prix, souvent nominée, mais peu récompensée. On pourrait donc se demander qu’est-ce qui différencie Lana Del Rey de ces femmes ? Alors qu’elle s’apprête à sortir son 2ᵉ album cette année (eh oui ! Elle ne chôme pas !), c’est l’occasion pour nous de replonger dans l’histoire d’une artiste nostalgique et hors de son temps. 
 




Une nostalgique avec un grand N


 

En 2005, après des études de philosophie et de métaphysique, la jeune Elizabeth débute dans la musique sous le nom de scène Lizzy Grant, nom qu’elle abandonnera plus tard au profit de « Lana Del Rey », en référence à l’actrice américaine Lana Turner et à la Chevrolet Del Ray, fabriquée entre 1954 et 1958. Toute la nostalgie est déjà dans son pseudo. C’est donc en 2007, après deux années à chanter dans des églises, bars et métros, que Lana décroche son premier contrat. Après 2 albums sans succès, la bonne étoile de Lana va enfin briller, en ce jour du 10 octobre 2011. 

Ce jour-là, la jeune chanteuse met en ligne son nouveau clip sur sa chaîne YouTube, le très célèbre Vidéo Games. Le succès est instantané, la chanson, qui n’est sortie que sur cette plateforme, rencontre un immense accueil, cumulant les écoutes et allant jusqu’à être consacrée chanson de l’année par le magazine NME ! Ce qui a fait, et fait toujours la renommée de cette chanson, ce sont son clip, tourné par Lana elle-même, un montage de vidéos en Super 8, de conneries entre potes, et d’images d’archives de l’Americana des années 50/60. Puis, il y a évidemment Lana elle-même, qui apparaît avec ses lèvres pulpeuses, son brushing rétro et son air désabusé, chantant et envoutant telle une sirène. Premier coup d’éclat pour une femme déjà iconifiée.  

 

Hollywood avec un grand H

 

Lana Del Rey, au-delà d’une nostalgie omniprésente dans ses chansons, s’amuse à y déconstruire le mythe du rêve américain en même temps que de le célébrer. Ainsi, dans ses textes, elle ne lésine pas sur les hommages aux héros de son enfance : De James Dean à Marilyn Monroe, en passant par Courtney Love, Stevie Nicks, Joan Baez, Kurt Cobain, Britney Spears, ou Kanye West, Lana Del Rey exprime la nostalgique d’une époque qu’elle n’a pas vécue. Lana Del Rey, c'est aussi un retour à l'image de poupée des années 60, avec des inspirations iconiques, telles que Nancy Sinatra ou Priscilla Mary Presley. Une image de femme fatale, glamour et puissante, qui ferait rougir Jessica Rabbit. 

 Lana Del Rey et Nancy Sinatra

 

Talentueuse avec un grand T

 

La suite de Video Games, on la connaît : l’album Born To Die sort en 2012 et écrase tout sur son passage ! Summertime Sadness, Born To Die, Dark Paradise, National Anthem et Blue Jeans sont autant de tubes présents sur le disque. Par ailleurs, cet opus est à ce jour le 3ᵉ album le plus vendu au monde pour une artiste féminine, avec plus de 4 milliards de téléchargements. Le clip de Born To Die est un monument à lui seul. Réalise par le chanteur français Woodkid, il est tourné au château de Fontainebleau, iconifiant au passage ce lieu du patrimoine français dans l’inconscient collectif. 

Ensuite, la jeune chanteuse enchainera avec 2 albums toujours dans une vibe trip-hop, sadcore et pop nostalgique, avec Ultraviolence (2014) et Honeymoon (2015), qui contiennent des titres phénoménaux : Pretty When You Cry, Money Power Glory, Ultraviolence, Swan Song, God Know I Tried et même une reprise de Don’t Let Me Be Misunderstood de Nina Simone, une chanson popularisée par les Anglais de The Animals en 1965. 

Car oui, Lana est aussi une adepte des reprises de musiques old school : Blue Velvet de Bobby Vinton, Season Of The Witch de Donovan, Summertime, le classique Jazz de George Gershwin, ou plus récemment sur son dernier album, la chanson For Free de Joni Mitchell. 

 

  

Sensible avec un grand S

 

Que ce soit à travers ses compositions ou ses reprises, ce qui fait la force de la jeune chanteuse New-Yorkaise, c’est sa capacité à retranscrire, à la perfection, des émotions autant universelles qu’uniques. Parfois, elle évoque des choses qu’elle n’a jamais vécues, mais en parle avec une justesse incroyable. Malgré cela, la chanteuse possède un passé tumultueux, composé essentiellement de relations toxiques et d’alcool. En 2012, juste après avoir été élue « femme de l’année », elle confiera au magazine GQ qu’à 14 ans, elle fût envoyée en pension dans le Connecticut pour soigner son addiction à l’alcool. Encore une fois, elle prend le contrepied de ce qu’on attend d’elle en brisant les mythes de l’image d’une femme parfaite. En faisant ça, elle affiche ses faiblesses, qui font la force du mythe Lana Del Rey. 

Ce sont tous ces éléments qui font de Lana Del Rey une conteuse, une chanteuse et une poétesse singulière. D’ailleurs, elle a eu le cran de publier en septembre dernier un recueil de poèmes. Intitulé Violet Bent Backwards Over The Grass, il comporte 14 poèmes et pièces mis en musique par Jack Antonoff, son producteur, qui produit également Taylor Swift. Avec ce recueil, Lana Del Rey suit les traces d’un certain Jim Morrison, n’en déplaise à sa nostalgie encore une fois. 

Dans ses clips, elle exprime sa sensibilité et est souvent comparée à David Lynch pour sa vision et son image vintage. Personnellement, depuis des années, j’entretiens le désir de voir un jour apparaître un clip de Lana Del Rey qui serait réalisé par un autre réalisateur que Lynch, un autre aficionado des années 60 : Quentin Tarantino. Le cinéaste américain est un véritable amoureux des sixties, allant même jusqu'à leur consacrer un long-métrage : le fabuleux Once Upon A Time...In Hollywood (2019). Imaginez ces deux-là exprimer leur passion pour cette décennie ou tout était possible ! 

Depuis son recueil, le New-Yorkaise a publiée 2 nouveaux albums, succulents et nostalgiques à souhait, quoique tranchant avec le reste de sa discographie. En somme, Lana Del Rey est de ces artistes qui n’ont pas froid aux yeux, ceux à la communication légère, qui ont une présence médiatique suffisante, une vie secrète, qui travaillent avec passion et qui osent des choses. Et plus les albums sortent plus nous avons affaire à une Lana avec un grand L. 

À l’aube de la sortie de son 8ᵉ album Blue Banisters, on vous propose une playlist des meilleurs titres de Lana Del Rey et de ses reprises ! 


écrit le mercredi 16 juin 2021 par

Victor Bouteiller

Rédacteur pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

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