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L’histoire de Chris Bell : étoile tourmentée du rock des 70’  

écrit par Kevin Savornin le vendredi 12 novembre 2021

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L’histoire de Chris Bell : étoile tourmentée du rock des 70’  
 

Chris Bell n’a que 27 ans lorsque son véhicule percute violemment le poteau d’une route de Memphis le 27 décembre 1978 après une longue session d’enregistrement. L’artiste, mort sur le coup, rejoint alors le tristement célèbre « club des 27 ». Le lendemain, la presse locale le décrit simplement comme le « fils d’un restaurateur local ». Chris Bell est pourtant l’un des musiciens les plus ambitieux et talentueux de sa génération. Son seul problème (et drame de sa vie) : ne pas avoir connu le succès de son vivant. De ses premiers albums avec le groupe Big Star à sa traversée du désert, Janis vous raconte son histoire. 

GayCultureLand: Chris Bell (Big Star)

Jody Stephens, batteur et dernier membre vivant de Big Star décrit Chris Bell comme un « homme en mission, expérimentant sans cesse ». Une quête de l’excellence allant jusqu’à l’obsession puisque Chris Bell passait des nuits entières en studio, sans dormir, cherchant sans relâche de nouveaux sons et de nouvelles mélodies. 

La musique était son refuge, une échappatoire aux démons qu’il tentait d’exorciser via ses chansons. L’artiste a en effet toujours été décrit comme une âme tourmentée, la figure tragique de Big Star qui ne connaîtra jamais le succès du groupe qu’il a fondé avec Alex Chilton, ancien chanteur des Box Tops. 

Trois albums enregistrés dans les années 1970 n’auront en effet pas suffit à confirmer le patronyme de Big Star. Le premier album #1 Record est pourtant aujourd’hui considéré comme un classique, certains morceaux comme You Get What You Deserve, In The Street ou encore Don’t Lie To Me résonnent encore comme des hymnes endiablés, élégants et précurseur de ce qu’on appellera plus tard la power pop. Toutefois, les ventes ne seront pas à la hauteur de ces ambitions, et ce, malgré les bonnes critiques reçues à l’époque. 

Chris Bell ne comprendra jamais les raisons de cet échec qu’il estime injuste et quitte le groupe en 1972, laissant ses camarades seuls pour les deux opus suivants, au succès tout aussi mitigé. S'ensuit un long combat contre la dépression, l’alcool et la drogue qu’il parvient à canaliser auprès d’une communauté chrétienne qu’il aurait rejoint pour cacher sa possible homosexualité. Mais d’autres hypothèses entourent le départ de Chris Bell. Son frère David ira jusqu’à affirmer qu’il ne supportait pas d’être dans l’ombre d’Alex Chilton. 

Big Star : précurseur de la power-pop.

 

Une étoile maintenant solitaire 

 

Des années durant, Chris escorté par son frère David a sillonné l’Europe, enregistrant au château d'Hérouville dans le Val-d'Oise, jouant à Berlin, coinçant Geoff Emerick à Londres et croisant son idole Paul McCartney. Ces rencontres ne suffiront pas à lui faire signer un contrat… Mais dans ce marasme, Chris Bell compose un chef-d'œuvre, I am The Cosmos, son morceau le plus touchant où se mêlent guitares acoustiques, électriques, le tout emmené par sa voix fragile et haute-perchée. Le poignant Look Up s'inscrit dans cette lignée, montrant que si l’artiste n’a pas l’aisance vocale de son vieux complice Chilton, ses failles font de lui un chanteur hors pair capable d’insuffler une âme et des émotions toutes particulière à ses œuvres. 

Aujourd’hui, Chris Bell, Alex Chilton et plus généralement Big Star sont reconnus à leur juste valeur. Si bien qu’ils sont devenus au fil du temps, grâce à un bouche-à-oreille long de plusieurs années, des icônes de l’histoire de la pop américaine, inspirant de nombreux groupes : Teenage Fanclub, R.E.M ou The Replacements pour ne citer qu’eux. Malheureusement, Chris Bell n’a jamais pu mesurer l’engouement autour de sa musique. Le 27 décembre 1978, le chanteur s’empare de sa Triumph après une session d’enregistrement et rejoint les étoiles du rock. Ce n’est qu’en 1992 que son frère parvient à faire sortir une compilation de ses morceaux, offrant à Chris Bell la reconnaissance qu’il aurait dû avoir de son vivant. Mieux vaut tard que jamais. 






 
écrit le vendredi 12 novembre 2021 par

Kevin Savornin

Rédacteur pour Janis, nouveau média 100 % musique lancé par LiveTonight

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