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John Bonham : Drums, Rock et fin tragique

écrit par Benjamin Puyelo le lundi 20 décembre 2021

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John Bonham : Drums, Rock et fin tragique


Nous allons évoquer ici le souvenir d’un pilier de la musique : ladies and gentlemen, Mr John Henry Bonham, le batteur de Led Zeppelin ! Depuis la formation du groupe en 1968 avec lequel il s’est fait connaître mondialement jusqu’à sa disparition en 1980, « Bonzo » a été (et demeure) une référence pour tout batteur qui se respecte, amateur comme professionnel. Nous allons donc nous intéresser à son parcours ; des débuts de ce jeune anglais qui tapait sur des casseroles dans la cuisine familiale, à ce batteur iconique au jeu bruyant comme l’orage et rapide comme l’éclair. 

 

John Bonham : Drums, Rock et fin tragique

 

I. Naissance d’un batteur


John Bonham a grandi au sein de la campagne anglaise du Worcestershire. Né en 1948, il commence très tôt (vers l’âge de 5 ans) à taper sur tout ce qui peut produire le même son qu’une batterie : bassines, casseroles, tout ce qui lui tombe sous la main… Les années passent, le futur musicien grandit et avec lui grandit la fascination pour cet instrument : « J’ai toujours été obsédé par la batterie. Elle me fascine […] ça a toujours été la batterie avant tout. » dira-t-il à ce sujet.

Son père lui offre sa première batterie à l’âge de 15 ans, une Premier assez rudimentaire, mais qui lui permettra de jouer ses premiers morceaux.

À la sortie du lycée, le jeune Bonham n’a plus qu’une idée en tête : devenir batteur professionnel. Il donnera ses premiers concerts avec un groupe formé avec d’autres connaissances du lycée : Terry Web and the Spiders. Il rencontre peu de temps après sa future épouse, Pat Philips. Le milieu de la musique ne garantit malheureusement pas de revenus réguliers et Bonham tente de rassurer Pat, mais celle-ci demeure très réticente au sujet de sa carrière dans la musique. John va finalement lui promettre de ne plus jouer. Promesse éphémère car, ayant besoin de revenus, il endosse à nouveau le rôle de batteur au sein d’un groupe (The Crawling King Snakes) dont le chanteur est un certain Robert Plant.

John Bonham : Drums, Rock et fin tragique

Il acquiert peu à peu le jeu agressif et bruyant qui le rendra célèbre. Ayant été pendant un moment le « Padawan » de Keith Moon (The Who), il se fait remarquer par sa force de frappe et devient rapidement interdit de représentation dans plus d’une trentaine de clubs. Il perce les peaux des fûts de batterie, on lui demande d’arrêter de jouer en plein concert et l’on dit de lui qu’il est le batteur le plus bruyant de toute l’Angleterre. Cela n’empêchera pas des grands noms de la musique de s’intéresser à ce démon du tambour : Joe Cocker lui-même sollicitera ses services !

Mais au final, Robert Plant insiste énormément pour qu’il rejoigne le nouveau groupe dont il fait partie. La guitare est tenue par un jeune musicien du nom de Jimmy Page. Il finira par accepter et rejoindra les Yardbirds. Plus tard, ils organiseront une répétition avec un ultime nouveau membre à la basse : John Paul Jones. Les futurs « Led Zep » sont au complet, l’Histoire est en marche. 

 

II. Led Zeppelin ou la consécration

 

Avec l’arrivée de John Paul Jones, le groupe est désormais au complet. Leur premier album, intitulé sobrement Led Zeppelin sort en janvier 1969. Le premier titre de l’album, Good times bad times, est déjà annonciateur du talent de son batteur et démontre sa rapidité et son aisance de jeu.

John Bonham : Drums, Rock et fin tragique

Le groupe expérimente peu à peu les styles, alternant entre folk doux acoustique jusqu’au gros rock au son lourd et puissant. C’est à cette époque-là que nous pouvons apprécier pleinement le style de Bonham. La richesse de son jeu tient en une logique qu’il appliquera durant toute sa carrière : au lieu de jouer uniquement la rythmique de base du morceau (ce qui est par nature la mission principale du batteur d’un groupe), il se cale sur la mélodie et les riffs de guitare en tâchant de le reproduire à la batterie. Cela confère au son une grande richesse et une puissance qui s’en trouve décuplée. Un exemple typique : le morceau Whole lotta love. En écoutant la version live de 1972, c’est encore plus flagrant !

Au cours des tournées qui s’enchaînent, Bonham arrive aussi à tenir en haleine toute une foule à lui seul, grâce au célèbre solo de batterie intitulé Moby Dick (initialement Pat’s Delight en référence à son épouse). Après une courte introduction, les musiciens laissent Bonzo aux commandes seul avec sa batterie face à des milliers de fans. En fonction, le solo peut durer jusqu’à trente minutes ! Bonham déploie une large gamme de techniques tout au long du titre, utilisant cymbales, gong, et va même jusqu’à poser ses baguettes pour taper directement avec ses mains et sortir une sonorité différente. Généralement, ce morceau sert de conclusion aux concerts, les musiciens reviennent par la suite rejouer l’intro qui servira cette fois de conclusion pour clore la représentation. 

Il est amusant, par ailleurs, de noter que Bonham est un parfait autodidacte : il n’a jamais pris un cours de sa vie, a simplement souvent demandé conseil aux autres batteurs et reproduit le rythme « à l’oreille ».

Dès lors, le groupe (et donc, notre cher John) connaît son apogée et culmine au sommet de sa gloire et des ventes. Mais comme toujours après le temps de l’opulence vient celui de la décadence…

John Bonham : Drums, Rock et fin tragique

 

III. La fin d’un règne

 

À la fin des années 70, Bonham était connu et reconnu unanimement pour son talent derrière les cymbales, mais les tournées et les concerts s’enchaînent, Bohnam vit mal l’éloignement de sa famille. Il consomme régulièrement des antidépresseurs. De plus, la réputation sulfureuse du groupe était telle que Led Zeppelin devint une incarnation du fameux adage « Sex, drugs and Rock’n’roll » : Page souffrait d’une dépendance à l’héroïne, et Bonham prenait part à bon nombre de soirées très arrosées.

C’est malheureusement ce qui le tuera en septembre 1980 : notre malheureux batteur prend part à une ultime soirée au cours de laquelle il boit plus de 40 shooters de vodka, selon la légende. Il rentre dans sa chambre, on l’aide à se mettre au lit (compréhensible après 40 shots). Dans son sommeil, il fait un coma éthylique, vomit et décède par étouffement. On le retrouvera le lendemain matin dans son lit.

John Bonham : Drums, Rock et fin tragique

Avec sa mort, il laisse derrière lui sa femme, son fils Jason et sa fille Zoë, et les trois membres survivants qui décideront de dissoudre définitivement le groupe. Ils ne se reformeront qu’occasionnellement lors de certaines manifestations comme le légendaire concert du Live Aid en 1985.

 

IV. L’héritage de John Bonham

 

Avec son départ prématuré, John Bonham met un terme définitif à la saga Led Zeppelin et laisse un grand vide dans le monde de la musique. Malgré sa carrière relativement courte (12 années à peine), il est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs batteurs de tous les temps selon le magazine Rolling Stone. Influencé tantôt par la soul, tantôt par le funk, c’est désormais lui qui est devenu une source d’inspiration pour quiconque s’asseyant derrière une batterie.

Sa disparition soudaine, « digne » d’une véritable rockstar, n’en reste pas moins une vraie perte et tragédie. Alors, les jours d’orage, on se plaît à dire que le bruit du tonnerre ne provient pas forcément d’un phénomène scientifique, mais plutôt d’un batteur fou qui retourne le panthéon du Rock avec sa Premier, là-haut, quelque part dans les nuages…

John Bonham : Drums, Rock et fin tragique

écrit le lundi 20 décembre 2021 par

Benjamin Puyelo

Rédacteur pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

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mis à jour le mardi 4 janvier 2022

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