Culte

Led Zeppelin : l’héritage des chevaliers d’or

écrit par Georges Hein le lundi 27 décembre 2021

Janis > Culte > Led Zeppelin : l’héritage des chevaliers d’or >

Led Zeppelin : l’héritage des chevaliers d’or

Qui est Led Zeppelin ? La question semble si dense et infinie qu’elle donne le vertige.  Et en même temps, y trouver une réponse briserait quelque chose du mythe que le groupe incarne à lui seul. La voix criarde de Robert Plant résonne depuis 50 ans comme des incantations païennes, comme un hymne à quelque chose de plus grand que nos pauvres carcasses : la liberté. Aujourd'hui, on va parler d’une légende habitée dans son corps par le feu du rock, mais dont l’esprit brule de la sagesse du blues. 

 


Biennale Cinema 2021 | Becoming Led Zeppelin by Bernard MacMahon to screen  out of competition
 

Les météores du blues : 

 

Les deux premières et les deux dernières chansons du premier album du groupe anglais sont du blues. Avec un format de neuf chansons pour 44 minutes dont 22 minutes sont du blues, il est incontestable que Led Zeppelin n’est pas qu’un groupe de hard-rock cliché et fantasque comme l’imaginaire commun aime à le pérenniser. L’intensité de leur blues vous cloque la peau. On fond littéralement à l’écoute du cri d’amour dans Babe I’m gonna leave you. Le groupe culte que forme ces Britanniques a en réalité démarré avec toute l’insolence de leur époque. Entre la musique noire américaine et la folk royale anglaise, on détient dès la première proposition un charbon ardent parce qu’il vient d’un sentiment profond : exister.  

L’album est conçu dans l’année 1968. À ce moment, le monde est secoué de nombreux évènements. On est au cœur de la guerre du Vietnam, le Printemps de Prague tombe sous les coups des soldats, c’est mai 68 en France, Martin Luther King est assassiné. L’humeur de l’Homme demande plus qu’une écoute, elle hurle qu’on lui donne une place. L’urgence d’exister se manifeste par des mots, des actes, des chansons, des riffs de guitares.

Led Zeppelin est en ce sens un groupe injustement classé dans un genre, qui finalement, lui appartient peu. Car ces quatre génies ne sont pas plus du hard-rock que Black Sabath ne fait partie de la pop. Le buisson ardent qui les anime se trouve dans la musique noire et dans l’histoire du monde dans les années 60-70. Cet esprit libertaire se traduit par des sons aussi spirituels du ciel que grésillant des roches de la terre. Cela se traduit dans des notes de blues écartelées par des distorsions, des bruits psychédéliques harmonisés par la voix de Robert Plant au reste de ce brouhaha symphonique. 

Je ne connais que très peu ce groupe. Parce que Led Zep’ c’est sacré, alors forcément, c'est intouchable donc je n’ai fait qu’écouter en acceptant cet état de fait. Sauf que la réalité, c'est que le groupe constitue une proposition artistique, à l’instar de tout autre album. En tant que tel, il s’agit donc de remettre à la bonne place ce qui, depuis des années, s’est perdu dans les méandres de la production musicale et du merchandising. 

 

Chaine nébulaire ! 

 

Un t-shirt de Led Zeppelin, on ne peut le nier, ça claque ! Mais ce groupe n’est-il pas devenu une légende de la musique grâce… à sa musique justement ? Avec le temps, ces artistes sont devenus emblématiques au point d’en toucher la pop-culture ; ce qui rend beaucoup plus complexe de les définir, car on craint d’en démystifier l’image, pour révéler l’humanité fragile de ces héros. Mais ce qui rend ces Anglais si particuliers, c'est bien les liens intimes qui les liens à la musique. Capable de prouesses techniques comme de mélanges aussi fous que savants. 

Les quatre personnes qui forment le groupe aiment explorer la musique. Ce qui fait de ces quatre artistes des créateurs à la recherche de sons qui n’existent pas. Puis, le public que nous sommes a trouvé une place au sein de ce rapport. Émerveillé par les prouesses, comme par l’imaginaire de leur mélange, nous ressentons leur art comme les traces d’un rêve qu’on voudrait réel : celui de voler. Une musique est autant le produit du rapport que le public (nous) créer avec elle, autant que le rapport que ses créateurs instaurent avec elle. Mais il existe aussi le rapport que nous entretenons avec les artistes. 

Led Zeppelin a cette place toute particulière dans la musique parce qu’il a su instaurer un lien intangible avec nous. Il a su développer le même lien qui le rattache à ses créations. Il nous a inclus dans l’évolution de son art. Led Zep’ c’est comme un grand frère qui vous initie au grunge ou au chevalier du zodiaque. Avec le temps, vous pérennisez ce rituel par héritage. Et le temps faisant son travail, une légende nait de tous ces liens que le cœur a créé en musique. 

Une très grande partie de l’œuvre de ce groupe évoque l’amour, la liberté et être soi. Ce triangle vertueux passe par des morceaux aussi bien qui vous secoue comme qui vous enveloppe. Le groupe ne fait pas que passer ce message, il se donne à nous exactement de cette façon. On ne peut être insensible à ce geste d’une humanité battante.  

Alors on se prête à cet échange, on donne à notre tour au groupe et à chacun de ceux qui l’écoute. Puis on étend ce comportement plus encore et en dehors des frontières de la musique. S’en dégage une chose à peine perceptible, mais bien réel, à la fois commune et individuelle : le bonheur. Led Zeppelin est un groupe brillant parce qu’en étant lui-même dans ses actes et sa musique, il nous a permis d’être à nous tous et au monde à chaque fois qu’on entend l’une de leur note. 

 

Led Zeppelin : retrouvailles Page et Plant pour un livre de photos

écrit le lundi 27 décembre 2021 par

Georges Hein

Rédacteur pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

Voir d'autres articles

mis à jour le mardi 4 janvier 2022

Encore curieux ?