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Ces chansons controversées sur la reine Elizabeth II 

écrit par Octavie Pareeag le mardi 20 septembre 2022

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Ces chansons controversées sur la reine Elizabeth II 

 

Dès son couronnement en juin 1953, retransmis à la télévision, la reine Elizabeth II a très vite été sur le devant de la scène médiatique. Sobre en toutes circonstances et apparitions colorées, Elizabeth II a attisé la curiosité et inspiré de nombreux artistes dans le monde entier. Des emblématiques Beatles gentiment moqueurs aux antimonarchiques avec les Sex Pistols, le rock a souvent pris d’assaut cette figure maternelle britannique, même si derrière cette provocation la tendresse s’y cachait (parfois). 

Ces chansons controversées sur la reine Elizabeth II 
 

Quand les Beatles taquinaient la reine (1965)


Voilà plus de dix ans que la reine est sur le trône britannique pendant ce temps les ondes internationales voient le rayonnement de la pop anglaise avec les Beatles. C’est l’heure de la « British Invasion ». Le 26 octobre 1965, les « Fab Four » rencontrent la reine à Buckingham Palace, qui remet la médaille de l’ordre de l’Empire britannique (MBE) aux musiciens. Paul McCartney avait raconté que « la reine est adorable, elle est très aimable, elle s’est montrée comme une mère pour nous ». Quatre ans après, dans sa ferme en Écosse, il compose une ritournelle à l’effigie du monarque, Her Majesty. Cette chanson, qui dure seulement 23 secondes (c’est la chanson la plus courte du groupe), décrit de façon peu commune à l’époque la reine : « Her majesty’s a pretty nice girl, but she doesn’t have a lot to say » (sa majesté est très gentille, mais n’a pas grand-chose à dire). La chanson clôture le mythique album Abbey Road et n’a pas été créditée dans le 33 tours originel. De ce fait, elle est considérée comme le premier titre caché de l’histoire du rock. 

 

La monarchie, meilleure ennemie des Sex Pistols (1977)


On est en 1977. L’inflation, le chômage, les tensions raciales, le conflit nord-irlandais déstabilisent le territoire britannique. La monarchie est pointée du doigt. Les Sex Pistols, enfants terribles du punk britannique, sortent leur deuxième single God Save The Queen issu de l’album Never Mind the Bollocks. En plein jubilé d’argent de la reine, le groupe loue une péniche sur la Tamise et balance ce pamphlet contre la monarchie. Johnny Rotten et Sid Vicious dénoncent « un régime fasciste ». Autre coup de choc : la pochette du disque dresse le portrait défiguré de la souveraine, les yeux et la bouche barrés de noir. Dès sa sortie, le titre est censuré et est interdit de diffusion sur les antennes de la BBC, son classement dans les charts britanniques est camouflé dans les médias (il devient pourtant n°1). Malgré ce scandale, le single est un succès planétaire et reste encore un des titres les plus sulfureux d’outre-Manche. D’ailleurs, le refrain final de la chanson no future devient l’emblème du mouvement punk rock.

 

La reine est morte (depuis longtemps) pour les Smiths (1986)


Fin des années 80, on se retrouve dans une Angleterre sous Margaret Thatcher, la fougueuse énergie punk ne brûle plus autant, le rock se perd dans la pop électro. Dix années se sont écoulées depuis le fameux God Save The Queen des Sex Pistols, c’est au tour des Smiths de déclarer leur amour contrarié à l’égard de la reine. The Queen is Dead, également le nom éponyme de l’album, sort en 1986 et est considéré aujourd’hui comme l’un des disques les plus glorifiés de l’histoire du rock alternatif. Avec ce titre provocateur, Morrissey et Johnny Marr mettent un vrai coup de poing dans le visage de la royauté britannique. La chanson donne le ton en commençant par un extrait d’un morceau populaire durant la Première Guerre mondiale : Take Me Back to Dear Old Blighty. Cette dernière parle des soldats britanniques à l’étranger souffrant de mal du pays. Cette référence illustre l’amour des Smiths pour leur patrie, le Royaume-Uni. Pour le reste, la musique et le texte grondent la révolte dans un humour bien anglais, absurde et loufoque. La voix désespérée de Morrissey apostrophe la monarchie et se moque du Prince Charles travesti en femme dans un vulgaire tabloïd : 

« Je dis, Charles, tu n'as pas la volonté
D'apparaître sur la couverture du Daily Mail
Habillée du voile de mariée de ta mère ?' Ooh, ooh, ooh

J'ai vérifié tous les faits historiques
Et j'ai été choqué et embarrassé de le découvrir
Comme je suis le dix-huitième descendant pâle d'une vieille reine ou d'une autre »

Ce troisième album studio passe 22 semaines dans les charts et atteint même la deuxième place. 

 

Elizabeth selon The Stone Roses (1989)

 

« Déchirez-moi et faites bouillir mes os. Je ne me reposerai pas tant qu’elle n’aura pas perdu son trône. Mon but est vrai, mon message est clair. Il faut baisser le rideau pour vous, Elizabeth ma chère. » 

Les Stone Roses, groupe culte dans les années 80, scandent une « protest song » de 55 secondes contre la monarchie et plus particulièrement sur Elizabeth II. En effet, le chanteur, Ian Brown, ne s’est pas gêné pour jeter son venin avec un refrain laconique ressemblant à une comptine. Et pour couronner le tout, les paroles défilent sur un fond d’air de Scarborough Fair, une chanson traditionnelle anglaise, histoire de mettre un peu d’huile sur le feu. En 2012, lors d’un concert, le chanteur a évoqué « 60 ans de tyrannie » avant de jouer Elizabeth My Dear.

Octavie Pareeag
écrit le mardi 20 septembre 2022 par

Octavie Pareeag

Rédactrice pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

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mis à jour le mardi 20 septembre 2022

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