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Ces chansons qui ont changé l’Histoire : Alright de Kendrick Lamar, l’hymne des mouvements Black Lives Matter, une chanson mobilisatrice et porteuse d’espoir

écrit par Lucile Grolleau le jeudi 28 octobre 2021

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Ces chansons qui ont changé l’Histoire : Alright de Kendrick Lamar, l’hymne des mouvements Black Lives Matter, une chanson mobilisatrice et porteuse d’espoir
 

À travers un message d’espoir, et un rythme entraînant, cette chanson et son album To Pimp A Butterfly marquent une époque de rébellion remettant le débat de la race dans la société américaine.

How Kendrick Lamar Became a Muse of the Black Lives Matter Movement

Alright est devenu l’hymne non officiel du mouvement Black Lives Matter pour remplacer Lift Every Voice and Sing et le We Shall Overcome de cette nouvelle génération. De ce fait, cette chanson et son album sont devenus le disque de rap le plus important de la décennie à ce jour. Ils ont marqué le retour du gangsta rap engagé dans les années 2010 après une période de rap appelée bling bling. En effet, les espoirs d’un rap engagé s’étaient presque perdus. Pendant ces années-là, les violences policières envers les afro-américains étaient beaucoup moins médiatisées. 

C’est après l’affaire de Trayvon Martin, un adolescent afro-américains tué par le policier blanc Georges Zimmermann en 2012, que le mouvement Black Lives Matter se crée. Ce meurtre choque l’opinion publique, mais ne déclenche pas d’émeute. En 2014, la communauté afro-américaine se manifeste à plus grande ampleur après l’affaire de Micheal Brown, un afro-américain tué par un policier blanc le 9 août 2014. Ce meurtre déclenche cette fois des manifestations organisées et violentes entrainant 32 arrestations, plusieurs vandalisations de magasins et des casses de voitures. Cette affaire présente beaucoup de similarités avec celle de 1992. À lire également notre article sur le morceau Fuck Tha Police de N.W.A : l’hymne des émeutes 92 à Los Angeles

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En juillet 2016 à Cleveland, après une conférence du mouvement BLM, la foule, qui comptait alors près de 200 personnes, s'est mise à chanter le refrain de la chanson Alright de Kendrick Lamar, afin de protester contre l'arrestation d'un adolescent de 14 ans, suspecté d'être en état d'ébriété dans un bus.

Lors de cette manifestation, le refrain que chantaient les manifestants "we gon’be alright" a eu un effet hors du commun : une énergie folle s’est dégagée. En effet, le “we gonna be alright” n’était pas juste une étiquette exprimant “nous irons bien” mais un sentiment de force entre les manifestants s’est créé et un dédain envers le policiers s’est animé. Comme si derrière ce slogan, se cachait un “we gonna be alright, no matter what, you won’t hurst us”. Un manifestant à Cleveland avait déclaré : “Nous étions émus. Il était impossible de s'asseoir et de ne pas ressentir l'effet de cette chanson. Tout le monde chantait à l'unisson. C'était comme être à l’église". Ce refrain chanté à l’unisson déclenche aussi alors une émotion de joie et de communion intense entre les manifestants, visible sur la vidéo ci-dessous.

Cette chanson marque une époque de rébellion qui a pour objectif de réaffirmer leur présence civique. À travers son troisième album intitulé To Pimp a Butterfly, Kendrick Lamar s’est alors placé en tant qu’artiste politique très engagé de sa génération. Le clip de Alright, les représentations scéniques de Kendrick Lamar, son album To Pimp a Butterfly participent à la mise en lumière des discussions sur la race au XXIᵉ siècle.
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La pochette de l’album contient aussi des éléments qui font appel à la réflexion. Kendrick Lamar se tient devant la Maison-Blanche avec ses amis comme s’ils avaient pris le pouvoir suite à une révolution. De plus, tout en bas de l’image  se trouve un juge mort avec des croix sur les yeux. Les amis semblent fêter sa mort car les juges “sont les bras armés de cet État américain qui emprisonne les Noirs à tour de bras tout en protégeant ceux qui les martyrisent, comme dans le cas des événements de Ferguson qui étaient alors d’actualité”. 

Le titre de l’album To Pimp a Butterfly est aussi une référence de la littérature américaine sur les inégalités raciales “To kill a mockingbird” de Harper Lee. À travers ces 16 chansons, Lamar utilise dans ses paroles différents personnages pour représenter la complexité de la multitude de récits sur l’expérience noire. Parmi ces personnages, on retrouve notamment le noir des champs qui résiste à la domination raciale, l’Oncle Sam qui représente la promesse brisée du rêve américain, le point de vue d’une femme sur la race et les normes de beautés, ou encore un personnage nihiliste devenu agressif à cause du racisme anti-noir. 

Kendrick Lamar sait qu’il a un rôle à jouer en tant que grande célébrité du rap venant d’un milieu défavorisé (Compton). Il veut montrer l’exemple et être un symbole d’espoir pour sa communauté : “Quand je partage ma positivité, j’ai l’impression d’accomplir de grandes choses, je ne le fais pas pour moi, mais ceux qui m’écoutent, pour essayer de les aider à voir les choses autrement”. Dans cet album, il a voulu donner le “bon message”, celui de la positivité et de la non-violence. Enfin, cet album a ouvert les portes du dialogue musical sur les récits sociaux du XXIᵉ siècle. 

Kendrick Lamar va d’ailleurs bientôt sortir un nouvel album dont la date de sortie reste encore inconnue ! Cela fait 4 ans que l’on attend cet évènement, après le projet tant acclamé intitulé DAMN. livré en 2017.

écrit le jeudi 28 octobre 2021 par

Lucile Grolleau

Rédactrice pour Janis, nouveau média 100 % musique lancé par LiveTonight

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mis à jour le mardi 2 novembre 2021

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